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Entretien avec Guy de Montulé de la Fondation Les Enfants de Huê,

Fiche publiée le 8 septembre 2014 par Montule

Quand et pourquoi a été créée la Fondation Les Enfants de Huê ?

Notre fondation a été édifiée en 2003 en réponse à la rencontre entre le Père Patrick-Marie Sérafini et les sœurs de la Congrégation des Amantes de la Croix de Huê au cours d’un de ses déplacements au Vietnam. Cette congrégation a été constituée en 1719 par les Missions étrangères de Paris et a pour but d’éduquer, soigner et nourrir les enfants en bas âge du centre de la région de Huê.

Le père Patrick-Marie Sérafini désirait apporter son soutien aux Sœurs qui connaissaient au cours de cette période de nombreux contretemps pour fournir les vivres nécessaires à leurs pensionnaires. En tant que vieil ami du Père Sérafini, il fit appel à mes services afin de pouvoir acquérir du riz peu coûteux et le ramener au Vietnam.

Je pus constater en effet que l’origine des problèmes était autant une question de manque de moyens que de tarifs trop chers de la production du riz local. C’est alors que nous avons choisi de créer la Fondation Les Enfants de Huê pour pouvoir récolter des soutiens financiers de la part de nos amis et de notre réseau de connaissances, afin de fournir une aide financière au personnel religieux et leurs petits pensionnaires.

 

Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?

Notre fonctionnement est le suivant : la totalité des fonds reçus est donnée aux sœurs afin d’être utilisé localement, étant donné que la Fondation, située à Genève, œuvre sans dépenses de personnel, chaque volontaire travaillant gratuitement. Les bilans de la fondation Les Enfants de Huê sont sous contrôle d’une fiduciaire destinée à certifier une complète transparence quant à l’usage de l’argent.

Nous disposons pour l’année 2013 d’un financement, hormis les finances dédiés aux nouvelles constructions, d’à peu près 220 000 dollars attribués à l’acquisition d’alimentation mais aussi destinés aux bourses pour étudiants entre dix et vingt ans. Cette répartition est restée dans le même ordre d’idée an après an depuis 2003.

Ces ressources donne la possibilité aux sœurs de dédier plus de temps aux élèves. Elles peuvent par la même administrer d’autres savoir-faire, comme la confection d’art religieux, permettant des rentrées d’argent en plus.

La fondation paye également périodiquement de nouveaux bâtiments, notamment une nouvelle école primaire dans la ville de Huê, ouverte depuis 2012 et qui reçoit pour l’heure presque 400 élèves.

Courant 2003, un peu moins d’1 millier de jeunes étaient pris en charge par la Congrégation, ils sont à cette heure plus de 2500 élèves répartis dans les nombreux centres d’apprentissage des villages dans les abords de de Saigon, Huê, Danang et Nha Trang.

 

Comment se passe la sélection des enfants ?

La Congrégation admet des jeunes âgés de deux et six ans. Beaucoup d’élèves proviennent de familles défavorisés disposant de très peu de revenus et à qui est offert une scolarité gratuite. De rares élèves sont originaires de familles mieux loties ou encore fortunée, dans ce cas de figure il est fortement recommandé à ces familles de verser des dépenses de scolarité en rapport à leur finance.

Les élèves sont présents entre 7 heures le matin et 18 heures le soir, le repas est dispensé sur place et, en fin de journée, ils retournent pour la plupart dans leur foyer. A 6 ans les enfants pauvres reçoivent une bourse pour continuer leurs études dans le système scolaire vietnamien.
La réussite de nos écoles vient autant du caractère gratuit de notre enseignement qu’à leur excellence .

Financez-vous également des bourses d’étude en vu du baccalauréat ?

Absolument, des financements sont décernés à plus de cinq cents élèves entre 10 ans et 18 ans, provenant de milieux défavorisés, et qui ont la détermination et le potentiel d’aller jusqu’au baccalauréat.

Leur éducation est payé pour leur assurer un épanouissement intellectuel, scolaire et humain. ils ont d’ailleurs tous des notes magistrales ! Leur gratitude est une indéniable satisfaction pour tous nos membres.

Au bout d’une décennie de travail dans la région de Huê, quel a été l’impact de la Fondation au niveau local ?

Il est manifeste que la Fondation a insufflé un nouvel élan à la Congrégation des Amantes de la Croix de Huê. Les sœurs ont eu les moyens de diversifier leurs activités et leurs rentrées d’argent, destinées aux élèves. Nous sommes aussi en particulier très fiers de notre école, sans doute la plus efficace de Huê. L’éducation qui y est distribuée joui d’ailleurs d’une singulière notoriété et de nombreuses familles tiennent à y inscrire leurs jeunes enfants.

 

Consacrez-vous du temps pour leur rendre visite ?

Personnellement, je tâche de visiter la région de huê au moins une fois l’année, pour voir les Sœurs de Huê qui font un travail admirable, ainsi que pour accomplir les visites des centres d’enseignement de la périphérie de Huê pour m’assurer que tout évolue au mieux.

Nous avons instauré aussi en coordination Patrick-Marie Sérafini un court séjour des principaux mécènes. C’est un réel plaisir pour eux d’évaluer, mois après mois, la progression de nos efforts. Le dernier voyage a eu lieu en mai 2014.

 

Et vos futurs programmes ?

La Fondation a de fait un grand nombre de programmes à envisager.

Nous allons inaugurer courant 2014 une maison de retraite destinée uniquement aux sœurs de la Congrégation. Nous ambitionnons d’offrir une retraite décente et sereine à ces personnes qui ont donné leur vie aux enfants de la Fondation, en leur construisant une maison de retraite avec les facilités correspondantes.

Nous ambitionnons dans un proche avenir, de mettre en place une salle d’accouchement pour les fille-mères qui demandent de ‘aide auprès des sœurs. Nous réfléchissons également à bâtir une maison des jeunes avec un resto U pour les étudiants défavorisés originaires surtout des régions rurales. Le lieu est déjà acheté et nous étudions désormais la mise en place du chantier de construction.

Nous avons de fait encore beaucoup à faire !